Nos tutelles

CNRS

partenaires financiers

Rechercher




Accueil > Actualités > Actualités

Echouage en masse à l’île de Ré

Echouage en masse à l'île de Ré


Un échouage massif de 32 dauphins communs sur l’Ile de Ré (17)

Le 6 janvier 2021, deux correspondants du RNE de l’association Ré Nature Environnement ont été contactés par un plaisancier pour signaler une observation de dauphins communs dans le Fiers d’Ars, baie qui se situe dans l’ouest de l’île de Ré.


Un groupe d’environ 60 individus s’est engagé dans un chenal, alors que la marée descendait. En tentant probablement de sortir, une vingtaine de dauphins se sont échoués, piégés par le manque d’eau, sur la plage. Bien qu’il eût été préférable d’attendre l’équipe animalière des sapeurs-pompiers dont l’équipement permet de remettre les animaux à l’eau selon les conduites à adopter pour ce type d’échouage, à l’arrivée des correspondants les dauphins venaient d’être renfloués. Ces animaux sont a priori ressortis exepté une femelle et un jeune retrouvés morts sur l’estran. Dans la foulée, ce sont d’autres dauphins qui sont signalés échoués vivants et renfloués par les pompiers à Ars-en-Ré. Sur ce groupe, 11 individus sont repartis et un seul animal a été retrouvé mort.



Dauphins communs observés dans un chenal du Fiers d’Ars


 


Le lendemain alors que l’Observatoire Pelagis récupérait les trois carcasses, un groupe d’une douzaine d’individus est de nouveau signalé. Ces derniers s’alimentaient dans le chenal d’accès au niveau des Portes en ré et bien que proches des côtes, n’étaient pas en difficulté.

Aussi, deux jours après un dauphin seul est observé dans la réserve de Lilleau des Niges. Les gardes de la réserve tentent de le repousser mais il tourne en rond. Les pompiers et correspondants du RNE mettent l’animal dans une embarcation afin de le ramener plus au large.

Depuis aucun animal n’a été signalé dans la zone. Au final ce sont 32 dauphins communs qui ont été considérés comme échoués.



1 - Observation initiale des 60 individus


 


et échouage du groupe de 12


 


2 - Echouage du groupe de 20 individus


3 - Echouage de l’individu isolé le 8/01


 


 


Sur les trois animaux récupérés deux ont été examinés et le troisième a été congelé pour un examen vétérinaire ultérieur. Les individus étaient de bonne condition physique et ne présentaient aucun signe extérieur de pathologie. Toutefois pour les deux individus ayant fait l’objet d’un examen interne, un processus pathologique léger semble en cours. Des prélèvements en vue d’analyses bactériologiques et virologiques ont été réalisés. L’hypothèse est que la femelle et son petit seraient davantage affaiblis, ce qui diminuerait ainsi leur chance de survie au stress lors de cet échouage accidentel.


Carcasses récupérés sur l’Ile de Ré suite à cet échouage en masse


 



Les échouages de dauphin commun vivants sont réguliers sur les côtes de la Manche et de l’Atlantique avec plus de 300 individus recensés depuis 30 ans. La plupart du temps, il s’agit d’individus isolés ou des paires.

Les échouages massifs c’est-à-dire de grands groupes sont plus rares. On recense tout de même 16 cas (concernant 3 individus et plus) depuis les années 90. L’évènement le plus marquant est celui de Pleubian dans les Côtes d’Armor, en février 2002, avec environ 150 dauphins communs échoués vivant dans une baie, dont 53 n’ont pas survécu. D’autres échouages de ce type sont connus avec une dizaine d’individus à : 


- l’Ile de Noirmoutier en 1994
- l’Ile d’Oléron en 2000
- Saint Vaast La Hougue en 2019
- Graye sur Mer en 2019.


Pour la majorité de ces échouages, l’origine est souvent expliquée par la nature et la topographie de la zone côtière, ainsi que par la présence de zones aménagées pour la conchyliculture.



Il s’agit souvent d’animaux en bonne santé dont leur présence aussi près des côtes et dans des zones faibles profondeurs n’est pas complétement expliquée mais semble être en lien avec la recherche de nourriture. Ces évènements restent classés comme accidentels et les circonstances tendent souvent d’ailleurs à accréditer la thèse du piège de la marée dans des zones de faibles profondeurs et fermées.