La Rochelle, France
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Le modèle de dérive en mer (MOTHY)

Le modèle de dérive en mer (MOTHY)

Le modèle de dérive en mer (MOTHY) est un modèle développé par Météo France, avec pour premier objectif le suivi des nappes d’hydrocarbures. Adapté aux objets dérivants, il permet donc de définir des trajectoires en mer de manière directe ou en rebours ; c’est-à-dire : de déterminer où l’objet va s’échouer OU de déterminer d’où vient l’objet qui s’est échoué.
Dans le cas des échouages de dauphins l’utilisation de ce modèle est multiple :

  1. Déterminer la zone de mortalité d’un animal échoué en retraçant sa trajectoire, en remontant dans le temps. A partir de l’état de décomposition, la durée de la dérive peut être estimée. Cette information est disponible pour chaque échouage grâce aux correspondants RNE.
  2. Déterminer la probabilité qu’un animal mort dans une zone puisse dériver jusqu’à la côte et s’échouer (un animal mort peut soit s’échouer, soit couler, soit dériver vers le large).
  3. Estimer le nombre de mort en mer en croisant les informations entre la probabilité de s’échouer et le nombre d’échouage.

Quelles différences avec l’Atlantique

  1. L’environnement
    Les principaux facteurs environnementaux influençant une trajectoire de dérive sont le vent, la marée, la courantologie.
    La Méditerranée est une mer semi fermée, elle est soumise à des courants de surface très proche de la côte (Figure 1), pouvant influencer significativement la trajectoire de dérive d’un animal mort. Il est donc important de prendre en compte la courantologie du bassin Méditerranéen dans le modèle.
    En revanche, la marée étant minime en Méditerranée, elle n’est pas prise en compte contrairement au modèle en Atlantique.
    Pour finir, le vent a une forte influence sur la trajectoire de dérive, en Atlantique comme en Méditerranée. Il est donc toujours renseigné dans le modèle.
Figure 1. Circulation de surface en Méditerranée.
(Source : I. Taupier-Letage, d’après Millot et Taupier-Letage, 2005)
  1. Un petit peu de statistiques :
    Pour modéliser la trajectoire de dérive, on se base sur une approche dite probabiliste et non déterministe. Pour chaque individu, plus de 8000 dérives sont simulées afin de prendre en compte toute la variabilité possible (courant, emprise au vent etc). A partir de ces dérives, la zone comprenant 95% des points de dérives est sélectionnée.
    Le modèle est donc très dépendant des données environnementales. Malheureusement, la qualité des données de courantologies n’est pas optimale jusqu’en 2017 inclus. Les analyses seront donc réalisées à compter de l’année 2018.
Figure 2. Simulations d’une trajectoire calculée sur 30 jours en Méditerranée