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Echouages de rorqual commun en Bretagne: Phénomène inhabituel ?

Deux rorquals communs se sont échoués à 8 jours d’intervalle dans le Finistère : île de Sein le 2 septembre et Tréguennec (Baie d’Audierne) le 10 septembre. Le rapprochement de ces deux événements a suscité beaucoup de questionnements.

Rorqual commun, Treguennec (29) 10 septembre 2022 – Bretagne Vivante / B. Martin

Le proche Atlantique, et notamment le golfe de Gascogne, est connu pour sa fréquentation par les rorquals, principalement en été et à l’automne. Le rorqual commun est la principale espèce, mais d’autres espèces peuvent être observées comme le rorqual boréal ou la baleine bleue.

Ainsi, des échouages de rorqual commun sont observés tous les ans sur nos côtes et tout au long de l’année avec une saisonnalité légèrement plus marquée à l’automne. Depuis 2000, près de 40 % de ces échouages ont été signalés sur les côtes de Bretagne et principalement dans le Finistère. Sur la série historique (Figure 1), plusieurs épisodes inhabituels de mortalité de rorquals ont été identifiés, comme en 2004, 2006 ou plus récemment en 2019 et 2020, où plusieurs de ces cétacés avaient été retrouvés également sur une période courte. Lors de ces événements nous avons recensé jusqu’à une dizaine de rorquals dans l’année.

Lorsque l’état des animaux et les conditions le permettent, un examen et des prélèvements sont effectués pour tenter de comprendre la raison de l’échouage. Le rorqual de Tréguennec a pu faire l’objet d’un examen (PNM Iroise, Bretagne Vivante et LABOCEA). Malgré le stade de décomposition avancé de la carcasse, les investigations ont révélé un amaigrissement très important et un état sanitaire qui semblait dégradé. Les analyses complémentaires seront très limitées en raison de l’état de fraicheur de la carcasse au moment de l’examen.

Rorqual commun, Treguennec (29) 12 septembre 2022 – PNM Iroise / C. Gicquel

À ce stade il est donc difficile d’expliquer ces échouages et de parler d’un nouvel événement inhabituel de mortalité, néanmoins ils semblent être en lien avec une distribution particulièrement côtière durant l’été. En effet, de nombreuses observations ont été rapportées très près des côtes en Iroise, comme en baie d’Audierne ou en Baie de Douarnenez.

L’examen de ces animaux, de par leur taille, représente à chaque fois un challenge logistique. Ces interventions sont coordonnées par le RNE avec les préfectures des départements. La qualité de l’examen dépend essentiellement de l’état de fraicheur de la carcasse et donc de la rapidité de l’intervention. La capacité à réagir au plus vite est actuellement un axe prioritaire afin d’optimiser les données obtenues de ces échouages (examens directs et analyses complémentaires).

Figure 1 : Echouages annuels de rorquals sur les côtes de l’Atlantique et de la Manche, 1990-2000.

Mise à jour 26/09/2022

Un troisième rorqual s’est échoué vivant sur une plage de la baie de Douarnenez le 19 septembre. En général, ces animaux succombent rapidement sur la grève sous l’effet de leur poids important qui comprime les organes notamment respiratoires.

Dans ce cas, l’animal, probablement un juvénile, également très maigre, est resté plusieurs heures vivant sur la plage. Cette situation a poussé les autorités à laisser les bénévoles de la Sea Sheperd tenter une opération de sauvetage. Ainsi dans la nuit du 19 au 20 l’animal a été repris par la mer à marée haute grâce à un chenal creusé à l’aide d’une tractopelle. Les jours suivants, l’animal est resté dans l’eau, évoluant lentement et tournant en rond à toute proximité de la plage qui se trouve en fond de baie. Le 25 septembre, le rorqual est perdu de vue.

Ces échouages restent en partie inexpliqués à ce stade, apporter des réponses est donc une priorité. Si l’animal est retrouvé mort dans les jours à venir, la qualité de son examen et des analyses dépendra de son état et donc de la rapidité à déployer les moyens nécessaires.